Couvre-feu et liberté.

Photo prise par Paul Second qui tient l’un de mes comptes instagram préférés : Toits_de_Paris

Notre président Emmanuel Macron a annoncé hier un couvre-feu de 21h à 6h pendant 4 semaines prenant effet Samedi 17 octobre à minuit. Cette nouvelle en a contrarié plus d’un, c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire sur la notion de liberté et partager avec vous mon opinion personnelle.

Premièrement, je tiens à dire à ceux qui pensent qu’ils perdent petit à petit leur liberté que non vous ne perdez pas votre liberté pour la simple et bonne raison que vous n’avez jamais été libres. Oui, l’article commence bien. J’aime beaucoup parler de liberté car je trouve le sujet fort intéressant et qu’on peut en apprendre beaucoup sur quelqu’un simplement en lui posant la question « Est-ce que tu te sens libre ? ».

Quand on cherche la définition du mot « liberté » sur internet on tombe sur pas moins de 7 définitions.

Mon ami Google.

Parmi toutes ces définitions, celles qui attirent le plus mon attention sont la 2ème et la 4ème.
La 2ème car c’est celle dont tout le monde semble parler depuis l’annonce du couvre-feu, et la 4ème car selon moi c’est de cette liberté là dont nous jouissons véritablement, c’est-à-dire une liberté contrôlée par des règles.

Ok, sympa l’ambiance ici.

Nous n’avons jamais été totalement libres car cela ne serait tout simplement pas compatible avec le système capitaliste. Une société où chaque individu serait réellement libre donnerait lieu à une société anarchique et une société anarchique est incompatible avec le capitalisme. Period. L’anarchie est une théorie politique très mal représentée qui laisse penser que anarchie = désordre alors qu’en 1840, Pierre-Joseph Proudhon, précurseur de l’anarchisme disait :

« La liberté est anarchie, parce qu’elle n’admet pas le gouvernement de la volonté, mais seulement l’autorité de la loi, c’est-à-dire de la nécessité Â».

A savoir qu’initialement, une société anarchique a pour but d’abolir la notion de maître et de contrôle hiérarchisé afin de créer un environnement où les individus seraient libres et égaux. Ce qui est le parfait CONTRAIRE de notre société actuelle. Nous sommes littéralement esclaves de la société dans laquelle nous vivons. Nous sommes esclaves de son mode de fonctionnement, de ses règles et de ses lois. Nous avons sombré dans une société complètement capitaliste où l’accumulation des richesses détermine notre statut social. Il est quasiment impossible pour nous de vivre cette expérience humaine selon nos propres règles, sous peine de se faire étiqueter de « marginal ». La liberté que nous pensons avoir nous sert simplement de « moments de pause » dans cette vie régie par ce capitalisme. L’annonce du couvre-feu fait mal car elle vient réduire ces moments de pause et nous bouscule dans cette « liberté » qu’on prenait pour acquise. Le couvre-feu n’est donc pas une atteinte à notre liberté mais bel et bien une atteinte à nos droits fondamentaux et plus particulièrement à l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme :

ARTICLE 13 :
Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à
l’intérieur d’un Etat.

Comment se sentir libre lorsque nos droits fondamentaux sont bafoués ?

Ayant compris très vite que je vivais dans un monde où je n’étais pas réellement libre, j’ai eu besoin de me persuader que ma liberté se trouvait ailleurs. Là où personne ne peut la voir, ni l’atteindre. Ma liberté se trouve en moi. Je suis libre parce que je pense par moi-même, je suis libre parce que je suis mon propre chemin, je suis libre parce que ma pensée ne dépend pas de ce que la société pense ou veut de moi, je suis libre à partir du moment où je me laisse l’opportunité d’être moi-même sans avoir peur d’être jugée.

Je me souviendrai toute ma vie des mots que mon ancien directeur d’école m’a dit quand je lui ai annoncé que je quittais l’école pour faire ma seconde année de BTS à domicile avec le CNED, il m’a répondu « De toutes les façons ça ne m’étonne pas car vous êtes un véritable électron libre. » J’ai toujours trouvé cette phrase lourde de sens car c’est littéralement comme ça que je me vois. J’ai cette impression de graviter autour du monde sans en faire partie. C’est pourquoi je pense que la liberté c’est aussi prendre conscience que nous avons toujours le choix. Cependant la responsabilité qui vient avec cette liberté peut en faire peur à plus d’un et ainsi les forcer à rester enfermés dans un schéma dont ils ne sont pas auteurs. La véritable prison se trouve dans la tête et certains sont malheureusement retenus en captivité depuis leur naissance.

Ce virus est en train de nous montrer à tous, mois après mois, que tout ce que nous considérions comme acquis ne l’est finalement pas. Cette période nous demande une résilience sans pareille. Elle nous réapprend à : compter uniquement sur nous, trouver des plans B, anticiper les imprévus et faire face à l’échec.

Nous sommes en pleine transition sociétale, nous ne sommes pas en train de perdre nos libertés, nous sommes en train de nous réinventer.

Merci de m’avoir lue. Qu’as-tu pensé de cet article ? Il est un peu différent de mes autres articles car j’y ai donné mon opinion personnelle sur un sujet d’actualité. Si tu as envie de réagir, n’hésite pas à me laisser un commentaire. Non seulement je les lis et en plus j’y réponds. À très vite !

– Kimsu

4 commentaires sur “Couvre-feu et liberté.

  1. Hello Kimsu ! J’aime beaucoup te lire. C’est toujours fluide, interactif et pertinent. Et puis il y a des références légales et une pointe d’humour! J’apprécie ce genre de format qui ouvre aux échanges. D’ailleurs, Je suis totalement d’accord avec ta vision de la liberté. C’est dans la tête. Comme tu l’as dit il s’agit d’apprendre à nous réinventer et à faire preuve de résilience.

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou Cynthia 😍 Trop cool de te retrouver ici! Merci beaucoup pour cet avis détaillé et en plus on partage la même vision c’est top 😂C’est cool si ce format te plaît, j’en prends bien note ! 😁😁😁😁

      J'aime

  2. Hi Kimsu 👋🏾,
    Le fait d’avoir ton avis sur un fait d’actualité (et pas des moindre) nous permet d’apprendre à te connaître. Je trouve ça top ! Ton point de vu, donne une belle perspective à la situation. Notre liberté, c’est nous qui la définition. C’est une chose qui n’est pas figé et qui évolue. It’s up to us !

    Aimé par 1 personne

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