Garder la tĂȘte hors de l’eau

Quand j’ai crĂ©Ă© ce blog, je voulais principalement y parler de spiritualitĂ© et d’amour de soi. Depuis le dĂ©cĂšs de mon pĂšre, ma spiritualitĂ© et mon amour propre sont mis Ă  rude Ă©preuve. Cela va faire bientĂŽt 3 mois que mon pĂšre est dĂ©cĂ©dĂ© et depuis le 12 dĂ©cembre, je n’ai cessĂ© de traverser diffĂ©rentes Ă©motions sans vraiment prendre le temps de les vivre.

À peine 2 jours aprĂšs le dĂ©cĂšs de mon pĂšre j’ai dĂ» passer un entretien professionnel. Je devais convaincre quelqu’un de me choisir moi pour un poste alors que je devenais orpheline. Je ne sais pas comment j’ai fait mais j’ai obtenu le job. Obtenir un CDI juste aprĂšs avoir perdu le seul parent qui nous restait c’est d’une amertume sans nom. Mon pĂšre attendait avec impatience que j’obtienne mon CDI et Ă  quelques jours prĂšs j’aurais pu lui offrir cette joie.

Lorsque j’ai commencĂ© mon nouveau job, j’ai senti qu’un filtre c’Ă©tait posĂ© sur moi. C’est trĂšs compliquĂ© Ă  expliquer mais j’ai senti qu’une partie de moi avait pris la relĂšve. J’ai signĂ© mon premier contrat dĂšs la deuxiĂšme semaine, j’allais de moi-mĂȘme engager la conversation avec d’autres collĂšgues, j’étais Ă  nouveau active sur instagram, bref… j’avais suffisamment de force pour agir comme si tout allait bien. Depuis quelques jours, ce filtre est parti et c’est la douche froide. Je n’ai plus envie de parler, mon travaille m’oblige Ă  ĂȘtre au tĂ©lĂ©phone toute la journĂ©e du coup j’en viens Ă  parler comme un robot. À tel point qu’on ma raccrochĂ© au nez Ă  plusieurs reprises la semaine derniĂšre. J’ai une boule de stress qui ne me quitte plus et pour couronner le tout, je me sens extrĂȘmement seule.

Beaucoup de gens qui se considĂšrent comme mes amis, ne prennent mĂȘme pas le temps de savoir si je vais bien, mais ce sont ces mĂȘmes personnes qui vont me dire « Si t’as besoin de quoique ce soit, tu peux compter sur moi ». Effectivement, il est plus facile d’envoyer un message ou de commenter une photo que de prendre son tĂ©lĂ©phone et d’initier un rĂ©el contact. Je me suis rendue compte que je ne peux pas me contenter de n’importe quel type de relations. Mon Ăąme est trop meurtrie pour se contenter de ce type d’attaches superficielles. MĂȘme les gens de ma propre famille n’ont pas pris le temps de m’appeler afin de prĂ©senter leurs condolĂ©ances. Au final, quitte Ă  me sentir seule, autant l’ĂȘtre pour de vrai. Le simple fait qu’on me demande pourquoi je suis triste me donne encore plus envie de me mettre Ă  l’Ă©cart car j’ai envie de rĂ©pondre « Ă€ ton avis ? ». Imaginez-vous un instant sans vos deux parents, sans frĂšres et soeurs, cĂ©libataire, habitant seul(e) pendant une pandĂ©mie mondiale. Comment rĂ©agiriez-vous si on vous demandait « Qu’est-ce qui te rend triste ? »

Je vis avec un puit sans fond Ă  l’intĂ©rieur de moi. Ce vide que je ressens me met automatiquement (que je le veuille ou non) dans une position d’attente. J’attends Ă©goĂŻstement qu’on prenne soin de moi, qu’on pense Ă  moi, qu’on m’encourage, qu’on me fĂ©licite quand je fais de bonnes choses et par dessus tout qu’on me donne l’amour dont je manque cruellement. Ces attentes sont celles qu’un enfant pourrait avoir envers ses parents et je sais qu’un adulte ne peut prĂ©tendre Ă  des attentes pareilles. C’est pour cette raison que je dĂ©cide de m’isoler. Je ne veux pas devenir dĂ©pendante des autres et mon histoire de vie est en train de me faire aller dans ce sens. Pour autant, c’est jamais avec facilitĂ© que je m’isole car je crains toujours de perdre mes amies. Je ne sais que trop bien que lorsqu’on s’Ă©loigne il peut ĂȘtre dur de revenir.

Ce dont j’ai rĂ©ellement besoin en ce moment c’est plus que de l’amitiĂ©. J’ai besoin d’ĂȘtre le centre du monde de quelqu’un, j’ai besoin de savoir que je compte plus que tout pour quelqu’un. J’ai 27 ans mais je me sens comme un enfant qui a perdu ses parents au supermarchĂ© et qui les cherche partout en pleurant.

Garder la tĂȘte hors de l’eau c’est d’abord ĂȘtre honnĂȘte avec soi-mĂȘme, avec ce qu’on ressent. C’est ne pas chercher Ă  peindre une rĂ©alitĂ© Ă©dulcorĂ©e pour se rendre plus likeable par les personnes qu’on aime. Si on m’aime vraiment, on m’aimera que je sois heureuse ou triste.

Je voulais parler de spiritualitĂ© et d’amour de soi sur ce blog mais dĂ©sormais je me donne le droit de partager mes doutes et mes dĂ©sespoirs. Perdre foi en la vie, ça arrive. Se sentir comme la chose la plus inutile sur Terre, ça arrive. Au lieu de me positionner comme celle qui vous raconte ses leçons de vie aprĂšs les avoir vĂ©cues, je dĂ©cide de vous emmener au coeur du tourbillon. Je ne sais pas combien de temps va durer ce tourbillon, je ne sais pas si j’en sortirai un jour. Tout ce que je sais c’est que j’essaie de garder la tĂȘte hors de l’eau en Ă©tant honnĂȘte avec ce que je ressens…

Je ne vais pas faire mon speech habituel oĂč je vous demande de me dire ce que vous pensez de cet article en commentaires car je ne rĂ©pondrai probablement pas et il y a peu de chance que lise votre commentaire. À bientĂŽt.

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